Je continue sur l'art féministe....
L'art féministe a très souvent eu comme sujet le traumatisme et la douleur, et beaucoup ont parlé des formes de violences subies par les femmes dans un monde massculin.
la liste des artistes est longue, telle Suzanne Lacey, Leslie Labowitz ou encore Gina Pane, mais j'avais envie de m'arrêter sur les performances de
Marina Abramovic dont j'ai eu l'occasion de voir le travail et qui m'a beaucoup marqué dans ma réflexion sur l'art et la société.
Elle semble avoir choisi l’art au lieu des armes pour poursuivre la résistance contre le pourvoir.
« Il y a beaucoup de sortes de pouvoir, et je n’aime aucune de celles-ci en général, parce que cela implique toujours qu’un partie contrôle une autre. Le seul pouvoir avec lequel j’ai une relation, c’est celui qui provient de l’énergie positive », explique-elle.
En utilisant son propre corps comme médium pour le travail, l’artiste expérimente avec le jeu de l’intervention du corps, la relation entre le public et les codes qui définissent le système social.
La série « Rhythm », réalisée entre 1973 et 1974, était peut-être la performance la plus audacieuse et la plus violente de toutes ses performances. Pour le numéro 0, elle était assise d’une manière immobile, permettant au public d’user des objets comme des ciseaux, des chaînes, un fouet ou, plus notoirement, d’une arme à feu chargée, contre elle.

Rythm 0, 1974
Des spectateurs inquiets firent arrêter au bout de six heures la performance. A la fin, elle avait été dénudée, ses vêtements avaient été tailladés à la lame de rasoir, elle avait été coupée, peinte, nettoyée, décorée, couronnée d'épines, et on lui avait pointé le pistolet chargé sur la tempe!!!

En 2002, elle a fait «
The House with the Ocean View », considéré par elle-même comme la performance la plus importante de sa carrière jusqu’à aujourd’hui. Elle a construit une maison, composée par trois plateformes avec des barreaux qui sont faits de larges couteaux de boucherie. Pour douze jours, Abramovic y restait sans manger ou parler, pour montrer son intérêt à la ritualisation de la vie quotidienne.
Je crois que la performance a été filmée dans la saison 6 de
Sex and the city...comme quoi les séries B ammènent l'art dans les chaumières américaines!

L’artiste a développé une recherche forte sur l’histoire et le registre de la performance ; elle dit aussi qu’elle est sa « grand-mère ». Dans ce contexte, elle a réalisé sa propre biographie « The Biography Remix », un projet développé avec le directeur du théâtre, Michael Laub, et présenté en 2005 au Festival d’Avignon, que j'ai eu la chance de voir : Impressionnant
| Citation: |
Marina Abramovic Enquête Carole Boulbès Traduction Jacques Bosser Mars 2002
L’œuvre est-elle un agent de communication entre l’artiste et le spectateur? L’artiste a-t-il le devoir de communiquer? Cela dépend du type d’œuvre. Dans certains cas, l’œuvre elle-même suffit à communiquer l’idée au public. Dans d’autres cas, l’artiste doit fournir une explication ou des pistes supplémentaires qui peuvent être considérées comme la clé de la compréhension de l’œuvre.
L’artiste est-il en retard ou en avance sur son époque ? Je pense que cela dépend du niveau de qualité de l’artiste. Le meilleur scénario possible est que l’artiste soit en avance sur son temps et que son œuvre présente différents niveaux de signification. On dit qu’un chat possède neuf vies. Une bonne œuvre d’art devrait posséder la même vitalité pour se régénérer et proposer à la société des sens d’interprétation nouveaux à différentes époques.
Êtes-vous d’avant-garde, d’arrière-garde, moderne, classique? Ce n’est pas une bonne question . |
_________________
La parole ne représente parfois qu'une manière, plus adroite que le silence, de se taire